Vincent Baron "À nous de démontrer notre valeur"

Comment décririez-vous le place du CAC dans l’économie ? 

On a toujours été complémentaire au métier d’Expert-Comptable. Ce sont deux fonctions bien distinctes. Du point de vue du chef d’entreprise, il arrive qu’il y ait une impression de redite entre ces deux professions.

Avec la loi PACTE, les règles ont changé avec notamment le relèvement des seuils, ce qui a réduit notre champ d’intervention. Désormais c’est à nous de montrer ce que l’on peut apporter comme plus-value pour développer de nouvelles missions. 

Qu’est-ce qui mériterait d’être plus visible dans le métier de CAC ? 

Notre grande valeur force est le détachement et la prise de recul sur la vision de l’entreprise. On a cette capacité de pouvoir évaluer les forces et les faiblesses d’une entité. C’est notre rôle d’avoir une vue large et de réussir à synthétiser. 

Dans l’objectif de la vente d’une entreprise par exemple, nous raisonnons dans le cadre d’une la certification des états financiers par le commissaire aux comptes ce qui apporte un facteur confiance inégalable pour les acquéreurs. Pour le vendeur, l’appréciation de son contrôle interne par son commissaire aux comptes peut l’aider à améliorer certains process et ainsi à valoriser au mieux son entreprise. Bref nous avons une vision moins comptable des sujets que l’Expert-Comptable.

Comment vous vous adaptez depuis la mise en application de la loi PACTE ? 

Cela s’est fait au fil de l’eau. D’abord on a fait un constat : nous allons perdre des clients, des dossiers. 

Il ne faut pas oublier que deux ans avant, on a eu la réforme des grandes régions où il y a eu des fusions, avec des sièges absorbés par Bordeaux notamment, donc là aussi une perte d’activité. C’est une double sanction d’un point de vue économique pour les cabinets.

Quand on perd des mandats, ça déstabilise les équipes en place au sein des cabinets, on peut perdre des compétences, rendre moins attractif le métier. C’est ce qui est le plus dommageable. On a besoin d’avoir assez de « matières » ou de sujets à porter pour rendre intéressant le métier. Pour de petits cabinets ça peut être décourageant et pousser certains commissaires aux comptes à arrêter leur activité.

Aujourd’hui, on est contraint d’intervenir autrement, et notamment de façon plus régulière. Il y a plusieurs moments dans l’année où on peut dérouler notre mission pour qu’elle soit mieux appréhendée par le client et donc nourrir une relation de confiance plus étroite. C’est le point de départ pour faire mieux comprendre notre métier, donner envie au chef d’entreprise de nous confier plus de missions et stimuler par voie de conséquence nos équipes.

Comment appréhendez-vous le numérique ? 

Le numérique est synonyme de changement : au niveau de l’organisation de l’entreprise (client comme cabinet) ; au niveau des erreurs, fraudes (process défaillant, accès aux logiciels, détournement d’actifs).

Nous ne sommes pas spécialistes dans l’informatique mais nous sommes capables d’appréhender le sujet, de questionner les responsables au sein de l’entreprise, les amener à organiser des choses autour de sa protection numérique. 


David Devautour : notre profession doit valoriser le facteur confiance

Quelle est l'utilité du Commissaire Aux Comptes aujourd'hui ?

Le Commissaire aux Comptes a pour rôle de créer de la confiance, que ce soit pour les investisseurs, les financeurs, les actionnaires, les banques, les fournisseurs, les clients ou encore les salariés, à savoir l’ensemble des parties prenantes de l’entité auditée. Ce climat de confiance que nous créons est plus que jamais utile dans le contexte de crise que l'économie traverse et qui devrait s'intensifier dans les mois à venir.

Quel axe d'évolution est à explorer par la profession ?

Le sens donné à la signature du Commissaire Aux Comptes lorsqu'il certifie les comptes. Ce rapport sur les comptes annuels est un élément clé qui mérite d’être mis plus en avant. Il traduit la mission réalisée par le Commissaire Aux Comptes et son équipe. 

Quel est l’avenir du CAC ? 

La loi PACTE a modifié le paysage de la profession. Il y aura un impact dans le temps, notamment avec la baisse de nombre de mandats. Finalement à chaque contrainte il existe une opportunité. C’est d’autant plus vrai dans ce contexte de défiance que nous constatons tous aujourd'hui. Il y a besoin de ramener de la confiance, nous constatons que le marché souhaite disposer d’informations complémentaires sur l'analyse financière ou encore sur le sujet de la responsabilité sociétale des entreprises. Sur ces sujets précis, le Commissaire Aux Comptes va apporter de l'attractivité pour son client. 

Avez-vous observé une évolution des mentalités de la part des entrepreneurs ? 

La partie extra-financière est très attirante. J'ai réalisé mon mémoire d’expertise-comptable il y a 11 ans sur le thème de la RSE. Aujourd'hui, je constate pleinement le besoin d'indicateurs périphériques pour compléter les informations financières. 

Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la profession dernièrement ? 

Le congrès des experts comptables et les assises du commissariat aux comptes sont colorés "croissance verte" et “durabilité" cette année. Cela confirme l'objectif pour la profession de s'emparer et s'approprier ces sujets. Quelque soit la taille du cabinet, les consœurs et confrères doivent absolument saisir ces opportunités qui se présentent.


Pierre Olivier Grand - Le récit de sa course

En 2021, nous vous proposions le portrait de Pierre Olivier, Commissaire aux comptes stagiaire.

Il nous avait raconté comment il vivait la préparation de sa prochaine course sur voilier en solitaire et comment cette expérience lui servait dans son quotidien d’auditeur. Cette fameuse course s’est déroulée il y a quelques mois, l’occasion de ressortir nos micros et écouter ce fabuleux retour d’expérience dont la CRCC Grande Aquitaine a été partenaire. Bonne écoute


Elisabeth Leflaive : saisir l'opportunité des données extra-financières

Comment définir l'importance du CAC ? 

C'est une mission d'intérêt général, notre objectif est de certifier les comptes des entreprises. Le principal intérêt est de permettre aux entreprises d'assurer le respect de l’égalité entre les actionnaires et tous les lecteurs des états financiers. Nous assurons la fiabilité et la sincérité des états financiers.

 

Quelle est la valeur ajoutée du commissaire aux comptes ? 

Dans la mission du commissaire aux comptes il y a tout un pan de revue du contrôle interne. Le commissaire aux comptes communique des points de recommandation à son client pour améliorer son contrôle interne. Le principe est de considérer que les comptes sont le reflet de tous les flux de l'entreprise. Si le client a mis en place un contrôle interne efficace et pertinent alors cela permet de produire des états financiers plus fiables. On n'intervient pas seulement une fois dans l'année, on accompagne nos clients tout au long de l'année.

Comment qualifierez-vous la période actuelle pour le commissariat aux comptes ? 

C'est une période d'opportunité, notamment avec de nouvelles législations sur les enjeux extra-financiers. L'entreprise doit produire de plus en plus de données au-delà de ses comptes, notamment sur son impact sociétal. Le digital apporte aussi son lot de changements. Finalement, la loi PACTE bouscule les lignes et nous oblige à évoluer dans notre manière de travailler à la fois avec les collaborateurs (les outils qu'on utilise) et aussi dans ce que l’on apporte à nos clients. On peut élargir le champ de ce que l'on propose aux clients que ce soit au niveau social, fiscal, informatique ou autre. 

Le numérique est-il une opportunité pour la profession ? 

Avec la facturation électronique, les entreprises vont devoir de plus en plus digitaliser leurs flux et gérer leurs data. Nous, commissaires aux comptes, nous pouvons nous appuyer sur cette donnée. Plutôt que de faire des contrôles par échantillon, par test aléatoire, on peut réaliser des contrôles plus ciblés en faisant un traitement global de la data et en orientant nos tests sur des flux atypiques. Cela apporte également plus de valeur ajoutée pour nos clients. 

Comment voyez-vous l'avenir de l'activité ?

On va recruter des profils de plus en plus variés : des informaticiens, des ingénieurs pour valider des données extra financières spécifiques comme le niveau d’émission de CO2. Demain l'équipe d'audit ne sera plus seulement constituée de profils financiers mais d’un panel de fiscalistes, juristes en droit social, ingénieurs ... C'est stimulant et cela doit permettre d’augmenter l’intérêt de notre profession tant pour les collaborateurs que pour nos clients.


Les news d'élu : Louis Noël

Louis NOEL élu en charge de l’assistance aux confrères

Louis prend le temps de nous détailler la mission d’assistance aux confrères. Jusqu’à 15 questions par mois sont posées, essentiellement sur la déontologie mais aussi sur des points techniques.


Pascal Rodrigues : miser sur la sécurité

Comment le métier de CAC doit évoluer ?

L’entrepreneur a souvent déjà du conseil de la part de son expert comptable. Je pense que notre distinction et notre valeur ajoutée se trouvent dans la relation de confiance, sur la sécurité que l’on apporte. Nous pouvons agir sur la sécurité de l’information, l’informatique ou même sur les changements à venir en lien avec la facture électronique. Il faut absolument éviter de faire le doublon de l’expert comptable.

Quelle est ton action préférée lors de tes mandats ?

Mon moment préféré dans mon métier est celui qui suit la certification des comptes. On peut enfin amener du conseil, faire ressortir certaines informations qui seront utiles à la conduite de l’entreprise. C’est grâce à ce travail que l’entrepreneur se souvient de nous et ce pourquoi il nous rémunère.

Demain le CAC travaillera comment ?

J’aimerai qu’on automatise nos contrôles, qu’on les rende plus rapides et plus intelligents avec la technologie. On pourrait se concentrer sur des points de vigilance plutôt que de vérifier des éléments au hasard.


Les news d'élu : Alexandre Bégué

Alexandre Bégué, élu en charge du pôle dérogation.

Alexandre rappelle les étapes à suivre pour une demande de dérogation : se connecter sur le site AGLAE, bien suivre la démarche proposée qui est intuitive. Si vous rencontrez des difficultés, nous pouvons vous accompagner. Contactez Caroline au 05 53 66 30 98 ou sur caroline.mermet@crcc-grandeaquitaine.digital


Stéphan Gutierrez : l'avenir c'est la relation

Depuis plusieurs semaines, notre première promotion des commissaires aux comptes explorateurs profite d’un accompagnent sur la digitalisation de leur cabinet. Nous avons profité de nos échanges avec eux pour récolter leur vision de la profession en quelques questions :

Qu’est-ce qui vous anime le plus dans le métier de CAC ? 

J’aime beaucoup faire les inventaires, voir la vie d’entreprise et son fonctionnement. D’autant plus quand il s’agit d’un client industriel : cela permet de voir ses ateliers. C’est souvent impressionnant.

Comment vois-tu l’avenir de la profession ? 

Les confinements nous ont parfois éloigné de nos clients. Il faut savoir se détacher des chiffres pour laisser parler le client. En laissant le client décrire son activité, et en prenant le temps de comprendre son quotidien, la parole se libère et la relation se tisse. Cela permet d’arriver sur des sujets qui n’auraient jamais été abordés sinon. C’est donc le relationnel l’avenir du CAC.

Comment accueillez-vous l’aspect numérique du métier ?

Nous allons être amenés de plus en plus à gérer des flux informatiques. Nous allons devoir vérifier que le flux d’informations qui arrive d’un côté et qui repart de l’autre soit bien le bon et qu’il a été traité. Il y a de grandes chances que les impôts s’appuient sur une profession réglementée comme la notre pour certifier ces flux.


Les news d'élu : Fabienne Mathieu

Fabienne Mathieu, vice présidente de la CRCC et membre de la commission du contrôle d’activité.

  1. La campagne de contrôle 2021 est terminée :
    Une soixantaine de contrôles ont été menés avec une base de trente contrôleurs. Je suis accompagnée par Stephan Kontowicz et la chambre qualité où nous sommes six.
  2. La motivation à être contrôleuse 
    C’est extrêmement enrichissant, on apprend beaucoup. On est dans une démarche de progression et d’amélioration, ce qui me plait beaucoup. On voit aussi de nouveaux secteurs d’activités que l’on n’a pas forcément dans son portefeuille.
  3. Nous cherchons des contrôleurs
    Pour devenir contrôleur, il faut avoir réalisé au moins 500 heures de commissariat l’année passée, avoir suivi les formations obligatoires, passer un contrôle satisfaisant et ensuite postuler. On vous attend nombreux !


Les news d'élu : Alain Bersans

Alain Bersans, élu de la CRCC au groupe de travail élargi sur l’économie

  1. Un groupe de travail à l’initiative de la préfecture
    Le groupe a pour objectif de faire réunir l’ensemble des parties prenantes dans l’économie Lot et Garonnaise et ainsi échanger sur toutes les difficultés que peuvent rencontrer les entreprises dans cette crise sanitaire. On y retrouve le Préfet, la DGFIP l’URSSAF, le Département, la CCI, le MEDEF ou encore l’ordre des experts-comptable.
  2. La CRCC toujours là pour défendre les entreprises
    Mon premier rôle est d’expliquer quel est le rôle du CAC à l’ensemble des participants à ces réunions. Rappeler ce que l’on peut apporter à nos clients, notamment sur la prévention des difficultés.
  3. Un groupe de travail dans la durée
    Ce groupe de travail se réunit tous les quinze jours. Le rythme des rencontres ne baisse pas, bien au contraire. La crise sanitaire peut paraitre derrière nous mais les difficultés des entreprises sont encore là.